Maramures

Au nord-ouest de la Roumanie, le vieux pays de Maramures est resté longtemps recroquevillé au creux de ses montagnes et autour de ses fines églises de bois. Un isolement qui a permis à une civilisation paysanne unique en Europe de se perpétuer jusqu’à nos jours. Ce pays très attachant laisse un souvenir indélébile à tous ceux qui l’ont un jour visité et qui en sont tombés amoureux.

Une très ancienne identité roumaine et les autres

Coincé au coeur les Carpates, dans le bassin de la Tisa, suite aux aléas de l’histoire, le Maramures s’étend aussi en Ukraine. Comme la Bucovine et le Banat, le Maramures est transfrontalier. À côté du peuplement roumain autochtone et des montagnards ruthènes, se sont installés au cours des derniers siècles Hongrois, Allemands et surtout une forte communauté juive. Établie essentiellement à Sighetu Marmatiei (dont Élie Wiesel est le représentant le plus illustre), elle tenait aussi les commerces de villages et possédait des terres.

Le pays des églises en bois

Maramures est resté un monde à part, archipel de villages qui s’étalent sur des kilomètres et des siècles.

D’immenses villages pleins de saveur et de vitalité, avec pour boussole la flèche de l’église de bois, qui lance vers le ciel ses parfums de basilic et de vieille résine. Ces églises expriment la spiritualité de cette civilisation paysanne. Les dimanches et jours de fête, accueille les villageois toujours nombreux, dont beaucoup portent encore le costume traditionnel. On estime le nombre total des églises en bois du Maramureș à une quarantaine. Huit d’entre elles sont inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. L’intérieur de certaines de ces églises est souvent embelli de fresques d’une fraîcheur naïve, opérées par des peintres-paysans, souvent les mêmes qui réalisaient les fameuses icônes sur verre, une des spécialités de la région.

Le bois dont on fait l’univers

Un grand portail s’ouvre sur la cour de la maison et sur la fierté de ses habitants. Transition entre le monde extérieur et l’univers domestique, il est très souvent habillé de motifs sculptés qui représentent les forces primitives de la vie. La vie pleine de tanins et de promesses non tenues, gravée dans le chêne. Au fond de la cour règne la maison-fourmillère, la maison-tanière. Des casseroles sont accrochées aux murs ou sur les arbres. Dans un coin, les draps bordés de dentelle, les jupes fleuries et les chemises blanches sèchent au-dessus des choux et des chats.

Le violon et la horinca

Dans l’isolement du Maramures se perpétue tant bien que mal une musique fraîche et tonique où le violon accompagne toujours des rythmes endiablés. La plupart des musiciens sont des villageois modestes, dépositaires de traditions transmises de père en fils, loin du folklore officiel. Ils jouent pour les noces, baptêmes et autres événements familiaux. Certains sont de véritables trésors du patrimoine musical de ces régions et sont avant tout des personnages attachants, autant d’histoires de vie qu’ils vous feront partager. Du mariage à l’enterrement en passant par les fêtes de village, les évènements de la vie convoquent la horinca, l’alcool de prune distillé avec grand soin dans les villages.

Notre Maramures, une affaire de coeur

Des liens familiaux nous unissent étroitement au Maramures. Cette intimité se ressent à travers les séjours que nous pouvons vous y proposer: à chaque étape, vous êtes reçus par nos proches ou des amis de longue date. Nos accompagnateurs, nos musiciens, nos ours, nos alambics et nos chauffeurs sont eux-mêmes issus de ces familles.

Maramures à pied

Ce paysage de moyenne montagne, moelleux et généreux se prête à la randonnée douce. Les chemins unissent les villages en parcourant une mosaïque de pâturages, de vergers luxuriants, de cultures vivrières, de bergeries, de forêts peuplées d’ours et de loups. Une randonnée itinérante se construit sur un bon réseau de chambres d’hôtes et d’auberges.

Une semaine de vagabondage

Depuis des années, cette formule connaît un vrai succès: une semaine en Maramures, à partir de chambres d’hôtes à la ferme, combinant visites culturelles dans la région (avec son propre véhicule), balades à pied et immersion dans le village. Été comme hiver.

Maramures pratique

Accès

Par la route :

Par train :

Par avion :

Se loger

Hôtels et chambres d’hôtes

Notre équipe vous propose aussi un choix d’hôtels et de chambres d’hôtes.

Circuler

Si vous ne venez pas avec votre propre véhicule, nous proposons :
– La location de voiture à l’aéroport ou la gare de Suceava.
– La formule voiture avec chauffeur.

Les couleurs du cimetière de Sapânta

Lorsque le modeste menuisier Stan Patras prit l’initiative de fournir pour chaque tombe une stèle de bois personnalisée, il ne se doutait pas que ce cimetière connaîtrait une telle renommée internationale. Sculptée, peinte de couleurs pimpantes, chaque stèle raconte: une image et quelques vers rappellent les qualités ou les vices du défunt, son métier, sa position sociale, ses douleurs, les circonstances de sa mort, beaucoup résument l’humilité et la sagesse d’une vie. Chroniques d’une communauté, baignées d’une réelle tendresse, avec de temps en temps une légère pointe d’humour. Sans doute l’excès de horinca ou autre substance a conduit des esprits hasardeux à qualifier ce cimetière de « joyeux ». Si certaines situations portent à sourire, la plupart sont simplement empreintes d’empathie et beaucoup témoignent de tragédies. Comment qualifier de joyeuses ces représentations d’enfants enlevés à leurs familles, ces soldats disparus, ces accidents, ces drames que la sensibilité du texte et la naïveté de l’image rendent particulièrement émouvants ? Cette douteuse expression « cimetière joyeux » a réussi à devenir un appât touristique fort efficace, à défaut de faire preuve de bon goût.